Femme méditant face à la mer

  • Dec 29, 2025

Quand la colère devient conscience

À travers mon chemin de yoga, je partage une réflexion engagée sur la conscience, le discernement et les choix de vie du quotidien. Une invitation à écouter le corps, questionner nos habitudes et poser des actes plus alignés, respectueux de l’humain, de la Terre et du vivant.

Yoga, discernement et choix de vie au service du vivant

Il y a des colères qui brûlent et détruisent.
Et puis il y a celles qui réveillent.

Ces derniers temps, je me sens profondément touchée par la colère des agriculteurs. Par leur fatigue. Leur sentiment d’abandon. Leur cri — parfois brut, parfois désespéré — face à un système qui les écrase tout en prétendant les sauver.
Je ressens aussi de la révolte face à l’absurdité de certaines décisions politiques, notamment en matière d’environnement, de santé et d’agriculture. Une révolte sourde, pas spectaculaire, mais persistante.

Quand je regarde les choix opérés par le gouvernement français, j’ai parfois l’impression d’un grand paradoxe : on parle d’écologie, de transition, de protection… tout en autorisant des pratiques qui continuent d’appauvrir les sols, de polluer l’air et l’eau, de fragiliser les corps, humains comme non-humains.
Entre les intérêts industriels, les lobbies agro-alimentaires et pharmaceutiques, et la réalité vécue sur le terrain, le décalage est vertigineux. Le vivant n'est pas respecté, il est piétiné.

Je ne prétends pas détenir la vérité.
Mais je sais ce que je ressens dans mon corps.
Et ce que je ressens mérite d’être écouté.


Le yoga comme amplificateur de conscience

Depuis que je pratique le yoga — réellement, au-delà des postures — quelque chose s’est affiné en moi.

Une sensibilité accrue.
Une écoute plus fine du corps.
Un rapport au monde plus poreux, plus vivant.

Le yoga n’a pas fait de moi quelqu’un de « parfait ».
Il m’a rendue plus consciente.

Plus consciente de ce que je mange.
De ce que je respire.
De ce que j’ingère — physiquement, émotionnellement, mentalement.

Quand on apprend à écouter le souffle, on apprend aussi à entendre ce qui, dans nos vies, étouffe.
Quand on apprend à habiter le corps, on cesse peu à peu de se couper du vivant.

Et alors, certaines incohérences deviennent difficiles à ignorer.


Choisir le vivant, chaque jour, à son échelle

Face à des systèmes qui nous dépassent, il est tentant de se sentir impuissante.
Mais le yoga m’a appris ceci : le pouvoir commence toujours là où je suis.

Dans le quotidien.
Dans les choix simples.
Dans les gestes répétés.

Choisir le vivant, ce n’est pas tout changer du jour au lendemain.
C’est questionner, doucement mais fermement.

Femme agricultrice qui plante en conscience

Se questionner sur ce que l’on mange

D’où vient la nourriture que je mets dans mon assiette ?
Comment a-t-elle été produite, transformée, transportée ?
Par qui ? Dans quelles conditions ?

Favoriser une alimentation locale, de saison, la plus vivante et naturelle possible, soutenir les producteurs engagés près de chez soi… ce sont des actes modestes, mais profondément politiques.

Se questionner sur ce que l’on « consomme » mentalement

Comment je nourris mon esprit ?

Qu’est-ce que je lis, j’écoute, regarde ?
Quels médias je choisis — et pourquoi ?
Quelle musique j’écoute ? Quels messages elle véhicule ?
Quelles émotions elle éveille en moi ?

Un film, un livre, une chanson ne sont jamais neutres.
Ils laissent une trace. Ils colorent notre monde intérieur.

Se questionner sur nos relations

Avec qui est-ce que je passe du temps ?
Comment je me sens en présence de ces personnes ?
Qu’est-ce que ces relations éveillent en moi — de la joie, de la contraction, de la peur, de la paix ?

Le yoga m’a appris que chaque relation est un miroir.
Et que certaines relations nourrissent… quand d’autres épuisent.

Se questionner sur notre rapport au corps et au temps

Comment se passent mes journées ?
Combien de temps je reste assise ?
Quelle place j’accorde au mouvement ?
À la nature ?
Aux écrans ?
Aux réseaux sociaux ?

Le corps sait.
Il sait quand le rythme n’est plus juste.

Se questionner sur l’éducation et la transmission

Quelles valeurs je transmets à mes enfants — ou à ceux que j’accompagne ?
Le respect du vivant ?
Le sens critique ?
La capacité à ressentir plutôt qu’à obéir aveuglément ?


Le yoga, un chemin d’éveil (pas un refuge hors du monde)

On réduit parfois le yoga à une pratique « douce », déconnectée des réalités sociales et politiques.
Je crois exactement l’inverse.

Deux amis en contemplation devant la beauté de la nature

Le yoga est un chemin d’éveil.
Il développe le discernement.
Il invite à la responsabilité.
Il nous remet en lien.

Avec le corps.
Avec la Terre.
Avec le vivant sous toutes ses formes — animal, végétal, minéral, humain.

Pratiquer le yoga, ce n’est pas fuir le monde.
C’est apprendre à l’habiter autrement.

Avec plus de présence.
Plus de cohérence.
Plus de courage aussi.

Car vient un moment où l’on ne peut plus dire : « je ne savais pas ».


Transformer la colère en choix alignés

Ma colère n’est pas une fin.
Elle est un signal.

Elle me rappelle ce à quoi je tiens profondément :
la vie, la dignité, la santé, la vérité du corps, la beauté du monde.

Et si chacun, à sa place, osait faire un pas de plus vers des choix alignés ?
Pas dans la violence.
Pas dans la haine.
Mais dans une fermeté calme, enracinée.

Le yoga m’a appris cela :
on peut être douce et indéfectible.
Bienveillante et lucide.
Engagée sans perdre le cœur.

Et c’est peut-être là que commence la véritable écologie :
dans un corps habité, un esprit clair,
et des actes quotidiens qui honorent le vivant.

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