- Jan 5, 2026
Pourquoi le corps résiste aux bonnes résolutions
- Déborah DUBREUCQ
- Bien-être et respiration, Santé & vitalité
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Stress, système nerveux et illusion du contrôle mental
Chaque début d’année, la même scène se répète.
Les bonnes résolutions s’invitent dans nos pensées avec la promesse d’un renouveau : mieux manger, bouger davantage, ralentir, prendre soin de soi. L’intention est sincère, souvent profonde.
Et pourtant, quelques semaines plus tard, l’élan s’essouffle.
La fatigue revient, les habitudes reprennent leur place, et une forme de découragement s’installe.
La culpabilité aussi, parfois.
Beaucoup se demandent alors :
« Pourquoi je n’arrive pas à tenir mes bonnes résolutions ? »
La réponse n’est ni un manque de volonté, ni une faiblesse personnelle.
Elle se trouve ailleurs : dans le corps, le stress et le système nerveux.
Le grand malentendu : croire que le mental suffit pour changer
Nous vivons dans une culture où le changement est souvent pensé comme un acte de décision purement mental.
Il suffirait de vouloir, de se fixer un objectif clair, et de s’y tenir.
Pourtant, les recherches en neurosciences montrent que le lien entre le corps et le mental est indissociable.
Le neurologue Antonio Damasio a mis en évidence que nos choix sont profondément influencés par notre état corporel et émotionnel. Le raisonnement seul ne suffit pas.
Lorsque le mental projette un futur idéalisé — plus serein, plus équilibré — le corps, lui, peut encore être marqué par :
un stress chronique,
une fatigue accumulée,
un état de tension permanent.
Ce décalage explique pourquoi le corps résiste au changement malgré la volonté.
Stress et système nerveux : comprendre ce qui se joue dans le corps
Le stress n’est pas un défaut, c’est une réponse adaptative
Le stress est souvent vécu comme un ennemi à combattre.
En réalité, il s’agit d’un mécanisme naturel de survie.
Le chercheur Hans Selye, pionnier de la physiologie du stress, a montré que le stress est une réponse d’adaptation de l’organisme face à une contrainte. Le problème apparaît lorsque cet état devient chronique.
Un stress chronique et le corps entretiennent alors une relation étroite :
le système nerveux reste bloqué en mode alerte, mobilisant l’énergie pour faire face, au détriment de la récupération.
Pourquoi un corps stressé empêche le changement durable
Le système nerveux autonome oscille entre deux grandes polarités :
l’activation (agir, décider, produire),
la régulation (se reposer, intégrer, réparer).
Lorsque l’activation domine en permanence, le corps ne se sent plus en sécurité.
Or, selon les travaux de Stephen Porges, la sécurité intérieure est la condition première de tout changement durable.
Sans elle :
les bonnes résolutions de janvier deviennent une pression supplémentaire,
la résistance au changement corporel s’intensifie,
la motivation s’épuise.
Un corps en alerte ne cherche pas à évoluer.
Il cherche d’abord à se protéger.
Bonnes résolutions et stress : quand l’intention devient une contrainte
Même les démarches de bien-être peuvent devenir sources de tension lorsqu’elles sont abordées depuis l’obligation :
faire plus, faire mieux, se transformer rapidement.
Dans ce contexte, le corps perçoit la résolution comme une exigence de plus.
Il se contracte, ralentit, parfois s’épuise.
C’est ainsi que naît cette sensation bien connue :
vouloir changer, mais ne pas y parvenir, malgré toute la bonne volonté du monde.
Il ne s’agit pas d’un échec personnel.
C’est le signe que le lien corps et mental n’a pas été respecté.
Le corps résiste-t-il vraiment… ou tente-t-il de communiquer ?
Fatigue persistante, tensions, essoufflement, agitation intérieure, difficultés à maintenir une pratique…
Ces manifestations sont souvent vécues comme des obstacles.
Elles sont en réalité des signaux d’adaptation.
Le corps n’oppose pas une résistance arbitraire.
Il exprime un besoin : ralentir, réguler, retrouver un rythme plus juste.
👉 Écouter le corps pour changer devient alors une clé essentielle.
Le changement durable ne se construit pas contre le corps, mais avec lui.
Réguler avant de transformer : une approche corporelle du changement
Avant toute transformation, il est nécessaire de créer un terrain favorable.
Cela implique de sortir progressivement du stress chronique et d’aider le système nerveux à se réguler.
Respiration et système nerveux : un levier fondamental
La respiration est l’un des rares ponts directs entre le corps et le système nerveux autonome.
Une respiration courte, rapide ou haute entretient l’état de vigilance.
À l’inverse, une respiration plus lente et fonctionnelle favorise l’apaisement.
C’est pourquoi la respiration et le système nerveux sont au cœur de toute approche corporelle du changement.
C’est précisément ce que permet la thérapie respiratoire fonctionnelle, en rééduquant le souffle pour apaiser le système nerveux et créer un terrain physiologique favorable au changement.
Mouvement conscient et sécurité intérieure
Le mouvement doux, lent et conscient permet de restaurer le dialogue entre sensations et perception.
Il redonne au corps un sentiment de cohérence et de sécurité.
Dans cet espace, le changement cesse d’être une lutte.
Il devient une réponse naturelle.
Les pratiques de yoga, lorsqu’elles sont abordées sans recherche de performance, permettent de restaurer ce dialogue subtil entre sensations, respiration et présence.
Changer sans se forcer : le lien avec mes pratiques
Dans mes accompagnements, l’objectif n’est jamais d’imposer un changement.
Il s’agit d’abord de réguler le système nerveux, d’écouter les résistances, et de respecter le rythme du corps.
Thérapie respiratoire fonctionnelle
Elle permet de :
apaiser le stress chronique,
soutenir la régulation du système nerveux,
créer les conditions physiologiques d’un changement durable en bien-être.
Yoga et pratiques corporelles
Le yoga, notamment dans ses formes lentes, soutient :
la reconnexion au corps,
l’écoute fine des sensations,
une transformation progressive, sans violence intérieure.
Accompagnement thérapeutique et hypnose
Ces espaces permettent d’explorer les résistances inconscientes avec douceur, en sécurité, et sans forcer.
👉 Changer sans se forcer, c’est respecter l’intelligence du corps.
Et si janvier devenait un mois d’écoute plutôt que de résolutions ?
Et si cette année, tu choisissais une autre approche ?
Moins de projections mentales.
Plus de présence corporelle.
Un mois pour :
ressentir avant de décider,
réguler avant de transformer,
écouter plutôt que contraindre.
Le corps ne freine pas le changement.
Il indique simplement le chemin le plus juste.
Quand la sécurité intérieure est là,
le changement durable n’a plus besoin d’être imposé.
Il émerge, naturellement.